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DETECTIVE PRIVE : UNE PROFESSION MECONNUE/DES PROFESSIONNELS DE L’INFO
Malgré des antécédents littéraires sérieux, la profession de détective privé, malgré une législation très stricte, semble souffrir de clichés télévisés.
La législation Belge concernant la profession de détective privé est très stricte. Le nombre de détectives privés en Belgique autorisés par le Ministère de l’Intérieur à exercer l’activité est de 930. Cependant, seuls 10% d’entre eux officient comme indépendants. Ce chiffre reste très inférieur à ceux de nos pays voisins.
□ Quel est le travail d’un détective privé aujourd’hui ?
Contrairement aux idées véhiculées aujourd’hui par la télévision, notre profession est avant tout une profession spécialisée dans la recherche d’informations. Nous savons non seulement où, mais aussi comment obtenir les informations légales permettant à nos clients d’avancer dans un dossier. Nous travaillons à la fois pour les entreprises et pour les particuliers. Ce qui nous amène à traiter des dossiers de natures parfois fort différentes. S’il fallait résumer notre activité, nous citerions ses deux facettes principales que sont les informations administratives et les informations obtenues sur le terrain. Les entreprises font souvent appel à nos services dans le cadre de dossiers qui traitent de contrôle de l’emploi du temps du personnel itinérant ou non, de concurrence déloyale, de doute, de fraude, de violation contractuelle ou de règlement interne à la société, ou plus simplement afin d’obtenir des informations sur une autre société susceptible de fusionner avec la première. Les particuliers, eux, nous contactent plutôt pour des problèmes liés à l’avant ou à l’après mariage, aux pensions alimentaires, aux adultères avec ou sans constat de huissier, mais également pour retrouver des biens ou des personnes disparues, même à l’étranger.
□ Quelle différence y a-t-il avec le travail de la Police ?
Nous parlons plutôt dans nombre de dossiers de poursuite de l’enquête. La Police effectue uniquement les constatations permettant aux gens de porter plainte. Rares sont les dossiers allant plus loin. Faire appel à nos services permet aux entreprises comme aux particuliers, un suivi complet et « en direct » de l’évolution des événements. Nous n’avons pas la lourdeur administrative dont est victime la Police. Nous travaillons pour un client, et tentons d’obtenir les informations légitimes dans le cadre de son dossier. Nous nous battons pour lui. Ce n’est pas le rôle de la Police.
□ Quelle différence y a-t-il avec les personnages de fiction ?
La fiction actuelle montre des « Experts » disposant de moyens colossaux et de droits presque sans limites. Ce n’est absolument pas le cas dans la réalité. La Police Belge dispose d’un laboratoire, certes, mais nettement moins performant. Quant à nous, nous n’y avons pas accés. De plus, la profession est réglementée de manière très stricte. Il y va de notre réputation, notre « fond de commerce », de nous y conformer. Nous essayons toutefois de travailler avec la même rigueur et la même efficacité que ces personnages.
□ Comment devient-on Détective Privé ?
Les filières jusqu’ici ont été parfois fort différentes. Mais il y a de cela quelques années, tout a été réglementé de manière beaucoup plus stricte. Il s’agit de la Loi protégeant la vie privée des citoyens du 19 juillet 1991. C’en a été terminé des « Cow-boys » et autres « Kamikazes » mettant à mal notre réputation. Aujourd’hui, trois années d’études en cours du soir à Charleroi ou à Liège permettent d’obtenir, après stages et approbation, une Licence du Ministère de l’Intérieur. Dans la pratique, cela ne suffit pas. Nombreux sont les Détectives en possession d’une licence en Criminalité, en Droit, en Fiscalité ou dans tout autre spécialité de notre profession.
□ Vous voulez dire que certains métiers peuvent vous amener à devenir Détective Privé ?
Exactement, ceci est vrai pour des horizons plus larges qu’on ne peut le penser. Certains étaient policiers, à différentes fonctions, d’autres fiscalistes, criminologues ou même professeur de Droit, assureurs ou experts automobiles.
□ Vous parlez des experts automobiles et des assureurs, en quoi sont-ils concernés ?
Il faut savoir que nombre d’entre eux ont bénéficié, dans le cadre de leur activité, d’une licence de Détective Privé. Ils ont justifié pour cela d’une expérience dans le cadre de reconstitutions d’accidents de roulage par exemple. Il ne s’agit là que de mettre en présence deux véhicules afin de confirmer ou d’infirmer la compatibilité des dommages déclarés. Nous ne parlons ici pas vraiment d’un travail d’enquête. Si par contre le dossier amène plus de questions, c’est à un vrai Détective Privé que l’on fera appel.
□ Quels problèmes rencontrez-vous dans l’exercice journalier de votre profession ?
Probablement tout ce qui découle naturellement du manque de reconnaissance de notre profession. L’idée qu’on se fait d’un Détective Privé. Et le nombre important effectuant des travaux d’enquête, au sein d’entreprises par exemple, sans pour autant y être autorisé. La timidité des gens à franchir le pas et faire appel à un Détective Privé. Les citoyens ne savent pas toujours en quoi nous pouvons leur être utile. Nous faisons en quelque sorte un travail de journaliste. Mais ce n’est pas lui que vous devez appeler en cas de problème ou de besoin d’information, c’est le Détective Privé.
□ Quel est le prix de vos prestations ?
Il est difficile de répondre précisément car tout dépend de l’ampleur du travail. Nous travaillons à un tarif horaire de 40 EUR HTVA par heure et par agent. C’est la durée de la mission qui est difficilement chiffrable. Mais lorsque vous appelez votre client pour lui dire que vous avez obtenu les informations demandées plus vite que prévu, il ne vous dit plus que vos services ne sont pas « donnés », mais que vous êtes drôlement efficaces. Il faut savoir que de toute façon, nous chiffrons le coût de la mission avec le client dès notre premier rendez-vous. Il n’y a donc aucune surprise à attendre.
□ Où en est la législation aujourd’hui ?
Elle est très stricte en ce qui concerne notre activité, et la protection de la vie privée du citoyen. Les derniers changements opérés concernent le divorce depuis septembre 2007. Les constats d’adultère pourront encore être effectués soit pour obtenir un divorce rapidement, soit pour éviter de devoir payer une pension alimentaire.
□ Quelles sont les qualités premières d’un Détective Privé ?
Un bon Détective Privé doit être rigoureux et posséder de grandes qualités d’adaptation à toutes les situations qui se présentent. Il doit réfléchir vite et réagir tout de suite. Le culot et la débrouillardise doivent être accompagnés de beaucoup de patience.
□ Quelle est la valeur juridique de vos travaux ?
Les rapports que nous fournissons à nos clients peuvent être utilisés en justice. Cependant, tous les juges n’accordent pas le même crédit aux informations que nous apportons, prétextant parfois notre manque d’objectivité puisque nous travaillons pour un client. Ce n’est à mon avis pas très juste puisque nous nous limitons à rapporter des faits.
□ Votre conclusion ?
Il est important pour nous de pouvoir informer les citoyens sur les possibilités que nous offrons afin de changer l’image de notre profession. Nous sommes des professionnels de l’information sous toutes ses formes dans un cadre réglé de manière très stricte par la loi, que par ailleurs nous suivons de très près. Nous avons beaucoup de services à offrir aux entreprises comme aux particuliers, et souhaitons qu’ils se rendent compte de l’aide que nous pouvons leur apporter.
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